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Modernité et Altérité : Représentations, Concepts et Langues

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Bibliographie

Modernité et Altérité :
Représentations, Concepts et Langues
Colloque international organisé par
FORDE (Formation à la Recherche Doctorale en Egypte),
REREF (Réseaux Egyptiens de la Recherche en Français),
L’Institut Français d’Egypte
L’Université de Beni-Suef
Les 21 et 22 novembre 2018
L’Autre, alter ego ou foncièrement autre dans la radicalité irréductible de sa différence, dans son Mystère, Le tout autre, c’est-à-dire ce que je ne suis pas…le tout autre dans sa féminité/ virilité, sa folie, sa marginalité… le tout autre éloigné par le temps, l’espace, la culture. Il appartenait à la modernité d’explorer les avatars, les tours et détours de l’altérité, la différence, l’aliénation.
En effet, la découverte du Nouveau Monde est intimement liée à la question de l’Autre. Il s’agit de cet Autre lointain, inconnu, méconnu, vu comme à une étape inférieure de la civilisation. L’Autre apparait alors comme une partie « refoulée », « rejetée » de l’homme « civilisé ».
En fait, la modernité qui prétendait à l’universalisme du modèle culturel et civilisationnel occidental concevait l’Autre à travers « le regard de l’identité d’un observateur occidental archétype ». L’Autre devient une « idée », un « préjugé ». Il s’agit de l’inventer, de le construire dans l’imaginaire, de le représenter comme s’il était « incapable de se représenter lui–même ». L’oeuvre d’Edward Saïd déconstruit ce discours sur l’Autre de toute une littérature coloniale qui transforme l’entité, l’identité même de l’Autre en un « concept », donc un objet, transformation qui paraît, selon Todorov, comme une « violence » contre l’Autre.
La notion connaît un intérêt particulier avec les critiques de la modernité et la mise en cause de l’universalisme abstrait autrement dit la reconnaissance de la différence. Il s’agit de reconnaître la diversité humaine, de voir l’Autre dans sa différence, dans sa liberté d’être autre. La pluralité sociale et culturelle des sociétés contemporaines renforce cette tendance. Et partant de l’évidence que c’est toujours « la réflexion sur l’altérité qui précède et permet toute définition identitaire »,
l’Autre se pose alors comme l’autre pôle de la dialectique fondatrice de l’identité. L’Autre est en fait ce qui n’est pas moi, ce qui est différent, mais ce qui me permet de me saisir comme mêmeté, comme identité. D’autre part, « nous sommes toujours l’étranger, l’Autre de quelqu’un » ; c’est à travers ce jeu de miroir entre identité et altérité que se définit le sujet.
Mais il appartient également à la modernité de dépasser la « métaphysique » du sujet Un, monadique, celui du cogito cartésien, le contester, le déconstruire par l’élaboration de cet Autre au sein du même, de ce « je » qui « est un autre » rimbaldien, depuis Freud jusqu’à Paul Ricoeur, en passant par Foucault, Kristeva et autres.
Dans la pensée arabe la réflexion sur l’Autre remonte au règne de Mohamed Ali en Egypte (1805-1848), suite à la campagne de Bonaparte (1798-1801), qui constitue le premier contact avec l’Occident, les débuts de la Nahda (la renaissance égyptienne) et du projet moderne. Au cours de deux siècles, la modernité arabe et l’esprit de la Nahda ont connu des commencements, des ruptures, des recommencements, des arrêts où la question de l’identité n’a cessé d’obséder intellectuels, romanciers, dramaturges, poètes, artistes, question étroitement liée aux rapports entretenus avec l’Occident.
Il s’agit d’un rapport vécu et pensé à travers les dichotomies de la pensée arabe moderne et des questions qu’elle soulève autour des oppositions entre patrimoine et modernité, authenticité et contemporanéité, religion et laïcité, où l’Autre apparaît dans l’ambiguïté du modèle fascinant à suivre ou d’une menace à l’identité, objet d’admiration ou de haine, et à travers aussi la dualité de la modernité occidentale entre les valeurs humaines prônées et la dure réalité de la colonisation.
Depuis les années 70 et suite à l’échec de l’état national dans le monde arabe et la montée des extrémismes, l’islam radicalisé, dans le refus de toute notion de différence et dans la prétention à détenir la Vérité universelle, appréhende l’Autre comme « ennemi diabolisé ». Cette vision de l’Autre parait symptomatique d’une crise, celle de la pensée et de la culture arabes contemporaines et celle du projet de la modernité.
Objet d’actualité, la notion d’Altérité s’inscrit dans un espace intellectuel large qui va de la philosophie, de l’anthropologie, de la sociologie, de la psychanalyse jusqu’au champ esthétique. Les oeuvres littéraires et artistiques fournissent une ample matière pour étudier le rapport à l’Autre, ses représentations, surtout dans le champ de l’imaginaire. La notion est aussi présente dans la didactique de la langue de l’Autre, cette langue autre, et dans la traduction de l’Autre, ces domaines qui impliquent une réflexion sur l’Altérité.
Ce colloque se propose d’approcher la notion d’Altérité dans le contexte de deux modernités, la modernité occidentale et ses critiques, qui va de l’universalisme méconnaissant l’Autre à la reconnaissance de la diversité et de la différence et la « modernité » arabe dans son cheminement, sa complexité et ses drames. Il s’agit d’étudier les figures et les représentations de l’Autre, ainsi que les différents rapports qu’entretiennent identité et altérité. Il s’agit de placer les recherches au carrefour d’études pluri- et interdisciplinaires relevant des sciences humaines, des théories artistiques et littéraires, de la linguistique, de la traductologie et du comparatisme.
En conformité avec les orientations académiques de FORDE, ce colloque permet d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion aux jeunes chercheurs.
Les axes du colloque sont les suivants :
I- Identité et Altérité.
II- Aucune identité ne se construit qu’à travers un jeu de miroir entre soi et l’Autre :
L’Altérité nous habite comme une partie constituante de notre être , mais l ’Autre est aussi bien autrui radicalement différent de moi avec lequel le sujet entretient différents rapports.
1- De l’universalisme du modèle européen à la reconnaissance de la diversité.
2- L’Autre dans son altérité radicale.
3- L’étrangeté de l’autre ; l’intrus dans la Cité : le fou, le paria, le criminel, … fissurant la clôture de la cité, de la totalité.
4- L’altérité au sein du même, « soi-même comme un autre ».
5- La sociologie de la différence comme inégalité et particularité.
6- L’intersubjectivité.
III- L’Histoire comme horizon de l’Altérité :
Si la rencontre avec l’autre peut être réalisée sur le mode irénique, elle se fait également sur le terrain de la confrontation, du conflit armé ou verbal, voire de la simple suppression de l’autre, de la différence qu’il représente.
1- La remise en cause de l’universalisme et la reconnaissance de la différence.
2- La violence interhumaine : racisme, guerres, génocides…
3- La Colonisation / la Décolonisation
4- La Mondialisation entre la réduction des différences et la promotion de la diversité.
5- Enjeux de la société multi/pluriculturelle d’aujourd’hui.
IV- Le Tout-Autre dans ce temps d’exil qu’est la Modernité :
La modernité témoigne de la disparition des « grandes narrations » qui pouvaient expliquer le monde, par la suite, le justifier. L’homme moderne vit différemment son rapport avec l’être, l’idéologie, les grands récits et toute forme de transcendance :
1- Les aspects de la transcendance : le Sacré, le Religieux…
2- Des grands récits vers les petites narrations : Des mythes, de l’Idéologie vers « les vies minuscules ».
3- Le Pouvoir : incarnations et problématiques.
V- Représentations / Mise en scène de l’Autre :
Représentations et discours visant à créer et à projeter une image de soi et de l’Autre.
1- Les représentation(s) de soi et les représentation(s) de l’Autre.
2- Le Discours de la Modernité sur l’Autre.
3- Récits/Fictions/Discours/ Discours médiatiques comme révélateurs des spécificités et des différences.
4- La représentation de l’Autre comme reproduction ou mise en crise des discours culturels de la Modernité.
5- Les imaginaires suscités par l’espace de l’autre en littérature, sur l’écran et dans l’iconographie.
VI- L’autre langue / la langue de l’Autre :
L’enseignement / apprentissage d’une langue étrangère, ainsi que la traduction comme manières d’appréhender l’Autre, de vivre avec lui, jouent un rôle éminent dans la structuration de notre façon de voir le monde moderne, de le comprendre, de le saisir.
1- Figures de l’Autre dans ses dimensions linguistiques.
2- Didactique de la langue de l’Autre.
3- Traduire l’Autre.
4- Dilemme du traducteur fidèle / infidèle.
5- Politiques(s) de la traduction.
6- La traduction : action et manipulation.
Dates importantes :
• 04 octobre 2017 : lancement de l’appel à communication. • 03 janvier 2018 : date limite d’envoi des propositions de communication. • 03 février 2018 : réponse du comité scientifique.
• 21 et 22 novembre 2018 : les journées du colloque. Les propositions de communication :
ï‚· La participation est ouverte aux enseignants, aux chercheurs, aux doctorants et aux professionnels.
ï‚· L’intervention peut être préparée par un ou deux chercheurs.
ï‚· Les interventions sont à présenter en français.
ï‚· Les résumés ne doivent pas dépasser les 300 mots (une page au maximum) et doivent contenir la problématique et les principaux axes de la communication.
ï‚· Merci de veiller à soumettre des propositions anonymisées en pièces jointes, lesquelles seront évaluées en double aveugle, et de préciser les points suivants dans l’email d’accompagnement :
• Titre de la communication.
• Identité de l’auteur / des auteurs et affiliation institutionnelle ou statut et rattachement institutionnel, coordonnées électroniques et postales.
• Axe principal dans lequel s’inscrit la communication.
• Trois mots-clés pertinents et une bibliographie restreinte.
Les résumés sont à envoyer à l’adresse suivante : forde2018@reref.org
A noter :
ï‚· Il n’y a pas de frais d’inscription au colloque.
ï‚· Le temps prévu pour chaque intervention est de 15 minutes.
ï‚· A l’issue du colloque, une sélection d’articles sera retenue en vue d’une publication courant 2019.
Lieu du colloque : Le colloque se déroulera à l’Institut français d’Egypte au Caire à Mounira. http://institutfrancais-egypte.com
Hébergement : Les participants au colloque qui le désirent peuvent entrer en contact avec le comité d’organisation en vue d’un hébergement au tarif négocié dans un hôtel du Caire. Membres du comité scientifique :
Prof Hoda Abaza
Prof Nefissa Elish
Prof Soheir Hafez
Prof Elweya El Hakim
Prof Achira Kamel
Mme Héba Lecoq, maître de conférences à l’INALCO
Prof Salma Mobarak
Prof Alain Rabatel
Prof Amina Rachid
Prof Mona Saafan
Prof Randa Sabri
Prof Doha Shiha
Comité d’organisation :
Prof Hoda Abaza
Prof-adjoint Tahany Abd El Nabi
Mme Salwa Aggag
Prof Manal Bachir
Prof-adjoint Rania Ezz El Arab
Prof Elweya El Hakim
Prof-adjoint Marwa Mahmoud
Prof Salma Mobarak
Prof Mona Saafan
Vous trouverez une version complète de cet appel à communication sur le site Internet du colloque : http://reref.org/
*Pour toute information complémentaire prière de contacter :
SalwaAggag : saggag@institutfrancais-egypte.com
Marwa Mahmoud : marwam1974@gmail.com

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