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23èmes Rencontres Jeunes Chercheurs. Multidimensionnalité, transdisciplinarité À la croisée des approches en Sciences du langage

Bibliographie

23èmes Rencontres Jeunes Chercheurs (RJC 2020)
Multidimensionnalité, transdisciplinarité
À la croisée des approches en Sciences du langage

3 et 4 juin 2020

Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 (MAISON DE LA RECHERCHE)

4, rue des Irlandais - 75005 PARIS

Créées en 1998, les Rencontres Jeunes Chercheurs de l’École Doctorale 268 « Langage et langues »
(Université Sorbonne Nouvelle) offrent la possibilité aux chercheurs en formation inscrits en
Doctorat ou en Master Recherche, ainsi qu’aux jeunes docteurs, de présenter leurs travaux sous
forme de communication orale ou de poster. Le thème de cette année, « Multidimensionnalité,
transdisciplinarité : à la croisée des approches en Sciences du langage », nous invite à interroger les
frontières (théoriques, ontologiques, méthodologiques, épistémologiques, ...) entre les différentes
approches des Sciences du langage.
Ces différentes approches soulèvent de nombreuses interrogations, tant du point de vue de la théorie
que de son application. Par exemple :
❏ Comment et pourquoi déterminer le domaine du langage dont relève un fait de langue réel ?
❏ Quand et pourquoi une approche linguistique nécessite-t-elle d’être complétée par l’apport
d’une autre discipline ? Quels problèmes théoriques et méthodologiques en découlent ?
❏ Comment emprunter un outil, une méthode, un concept et l’adapter à son propre champ
disciplinaire ?
❏ Comment aborder les problèmes théoriques et méthodologiques liés à la variété des
dimensions et des représentations, de la parole, des langues et du langage ?
❏ La multidimensionnalité peut-elle constituer un risque épistémologique pour les Sciences du
langage en tant que discipline scientifique à part entière ?
❏ Comment établir un dialogue interdisciplinaire qui puisse enrichir nos recherches ?
Ces problématiques, d’un point de vue interne, s’ancrent aux confluents des différents aspects du
langage et de son étude. D’un point de vue externe, nous nous intéresserons aux (inter)connexions
possibles tant au sein des Sciences du langage qu’entre celles-ci et d’autres disciplines.
❏ En didactique des langues et des cultures, multidimensionnalité et transdisciplinarité
convergent vers le même point de fuite. Considérée comme une discipline frontière (Spaëth,
2010), voire poreuse (Puren, 2007), la DLC enracine ses problématiques théoriques et
méthodologiques dans la variété et la multidimensionnalité de ses terrains et de ses
contextes. Ainsi, des notions et concepts tels que « embodiment » (psychologie cognitive) et
« empathie » (neurosciences) se sont vus enrichis par de récentes approches pédagogiques et
épistémologiques parmi lesquelles nous pouvons citer la perspective actionnelle et la
pédagogie des multilittéracies.
❏ En acquisition, le développement du langage chez l’enfant est multidimensionnel
(Karmiloff, Karmiloff-Smith, 2001) : d’abord le système phonologique se met en place, puis
le lexique et la syntaxe. Le langage de l’enfant est aussi multimodal (Morgenstern, 2014),
langage verbal et non verbal étant interdépendants. La communication de l’enfant se réalise
en effet d’abord par les gestes, les expressions faciales et le regard, puis par la parole, quand
celle-ci est acquise et maîtrisée.
❏ Les représentations acoustiques de certains phénomènes, comme la liaison, nécessitent
d’intégrer des facteurs trandisciplinaires comme ceux linguistiques (phonologique,
syntaxique, lexicale, etc.) et/ou para-linguistiques (Delattre, 1966, Fougeron et al., 2001 ;
Laks, 2005). Tout comme en phonétique clinique où les troubles de la parole requièrent une
analyse multidimensionnelle pour rendre compte des altérations présentes (Audibert et
Fougeron, 2012).
❏ Point de rencontre entre tant de domaines, la traductologie est caractérisée par sa
multidisciplinarité, position qui la place constamment sous la menace paradoxale « de
dispersion et d’absorption » (Boisseau, 2009). Sa multidimensionnalité tient probablement
de la tension entre la réflexivité de son versant théorique et l’application pratique de son
objet d’étude (Peeters, 2006).
❏ L’histoire des théories linguistiques (Paveau et Sarfati, 2003 ; Perrot, 1953) met en exergue
la transdisciplinarité de l’étude du langage. Rattachée à la philosophie et à la logique, la
grammaire générale devient avec Leibniz une discipline fondée sur l’observation de faits. La
grammaire comparée des XVIIIe et XIXe siècles s’adonne à cette tâche via la linguistique
historique et l’introduction de notions inspirées de la biologie. Rompant avec le passé,
Saussure et sa linguistique générale aborde au début du XXe siècle son objet scientifique en
termes de système et de structure. Son travail aboutit à un éclatement des Sciences du
langage en de multiples disciplines.
❏ En diachronie et en linguistique comparative, les cas des Sprachbünde ou des créoles
signalent la nécessité d’allier la linguistique à d’autres domaines de recherche pour l’étude
de certains traits structuraux. L’évolution des langues parlées par des hommes ne peut être
étrangère à leur histoire, leur géographie, ou encore leur sociologie. Chaudenson parle de
« recette de la sorcière » pour comprendre l’émergence des créoles par des facteurs
extralinguistiques (Chaudenson, 2002 : 61-62).
❏ En description linguistique synchronique, l’évolution de l’informatique a permis
d’introduire la statistique et l’étude sur de grands corpus qui ont produit de nouvelles
réflexions dans la grammaire générative (Thuilier, 2012). Tout comme les théories sur les
contacts de langues développées par Weinreich (1953), Thomason & Kaufman (1988) et
Winford (2003) apportent un regard multidisciplinaire à cette description. Par ailleurs, de
nombreux faits de langues se situent à la frontière entre différentes dimensions du langage,
d’où, par exemple, les domaines de description mixtes comme la morphophonologie et la
morphosyntaxe.
❏ La sociolinguistique et la linguistique anthropologique, qui sont par essence
interdisciplinaires où les faits de langues s’analysent à la lumière d’autres sciences humaines
ou de diverses approches linguistiques (Murphy, 2012), interrogent de fait le rôle que
peuvent jouer les Sciences du langage dans un dialogue avec d’autres sciences humaines et
sociales. On pourra également s’interroger sur les méthodes d’analyses statistiques de
données multidisciplinaires en sociolinguistique, comme l’utilisation d’analyses
multidimensionnelles (Coquin-Viennot et Esperet, 1977) ou encore la combinaisons de
méthodes pour analyser des données mixtes ou complexes (Husson, 2010).

Tous ces questionnements seront au cœur des communications et des discussions de cette 23e
édition des Rencontres Jeunes Chercheurs. Les thématiques abordées ci-dessus ne sont que des
illustrations de possibles communications. Nous invitons les candidats à envoyer des propositions
sur tous les domaines et sous-domaines des Sciences du langage.

Le colloque est ouvert à tous : masterants, doctorants, jeunes chercheurs...

Entrée libre.

Une attestation de présence sera remise aux participants.

Toute personne souhaitant réaliser une communication ou un poster est invitée à soumettre un
résumé anonyme d’un maximum de 4000 caractères espaces compris (hors figure(s) et
bibliographie) en français ou en anglais jusqu’au 20 janvier 2020 à 19h (heure de Paris).
Les communications orales se font en français ou en anglais et durent chacune 20 minutes suivies
de 10 minutes de discussion. Les posters devront être imprimés au format A0.

Comité scientifique

José RIO AGUILAR, Angélique AMELOT, Nicolas AUDIBERT, Jacqueline AUTHIER-REVUZ,
Michelle AUZANNEAU, Delphine BATTISTELLI, Éric BEAUMATIN, Irmtraud BEHR, Tiphanie
BERTIN, Violaine BIGOT, Philippe BOULA de MAREUIL, Maria CANDEA, Mariella CAUSA,
Christelle CAVALLA, Jean-Louis CHISS, James COSTA, Lise CREVIER-BUCHMAN, Jacques
DAVID, Matteo DE CHIARA, Jeanne-Marie DEBAISIEUX, Didier DEMOLIN, Martine
DERIVRY, Faya EL QASEM, Benjamin FAGARD, Simone FALK, Serge FLEURY, Cécile
FOUGERON, Jean-Marie FOURNIER, Ioana GALLERON, Cédric GENDROT, Kim GERDES,
Luca GRECO, Yana GRINSHPUN, Pierre HALLE, Takeki KAMIYAMA, Marie-Christine LALA,
Leonardo LANCIA, Florence LEFEUVRE, Dominique LEGALLOIS, Cécile LEGUY, Caroline
MASSON, Muriel MOLINIE, Aliyah MORGENSTERN, Catherine MULLER, Gabrielle
PARUSSA, Coraline PRADEAU, Sharon PEPERKAMP, Claire PILLOT-LOISEAU, Christian
PUECH, Nicolas QUINT, Valérie RABY, Sandrine REBOUL-TOURE, Patrick RENAUD, Rachid
RIDOUANE, Anne SALAZAR ORVIG, Pollet SAMVELIAN, Dan SAVATOVSKY, Valérie
SPAËTH, Sofia STRATILAKI, Pierre-Yves TESTENOIRE, Andrea VALENTINI, Cécile VAN
DEN AVENNE, George-Daniel VERONIQUE, Patricia VON MÜNCHOW, Corinne WEBER,
Naomi YAMAGUCHI.

Comité d’organisation

Maelle Amand, Lola Aubertin, Corrado Bellifemine, Danilo Bomilcar, Angélina Bourbon, Amélie
Cellier, Marine Courtin, Bérangère Denizeau, Amélie Elmerich, Émile Faure, Irina Ghidali, Madiha
Kassawat, Salomé Molina, Arnaud Moysan, Clara Ponchard, Neige Rochant, Sarah Teveny, Shi
Yu.

Bibliographie
Audibert, N., Fougeron, C. (2012). « Distortions of vocalic space : which measurements ? ». In :
Actes des XXIXe Journées d’études sur la Parole, 4-8 juin 2012, Grenoble, pp. 217-224.
Chaudenson, R. (2002). « Le cas des créoles ». In : Hérodote, 2002/2, n°15. Paris : La Découverte.
Coquin-Viennot, D., & Esperet, E. (1977). Etude d’un questionnaire sociolinguistique par l’analyse
des correspondances. Revue française de pédagogie, 39, pp. 24-39.
Delattre, P. (1966). Studies in French and comparative Linguistics. La Haye : Mouton.
Fougeron C., Goldman J.-P., Frauenfelder U. (2001). « Liaison and schwa deletion in French : an
effect of lexical frequency and competition ? ». In : Eurospeech 2001 Scandinavia, Aalborg : ISCA,
pp. 639-642.
Hagège, C. (1985). L’homme de paroles : contribution linguistique aux sciences humaines. Paris :
Fayard.
Husson, F., Josse, J., & Pagès, J. (2010). « Principal component methods - hierarchical clustering -
partitional clustering : Why would we need to choose for visualizing data ? ». In : Technical report,
Department of Applied Mathematics, Rennes : AgroCampus Ouest, pp. 1-17. Disponible sur :
http://factominer.free.fr/more/HCPC_husson_josse.pdf
Karmiloff, K., Karmiloff-Smith, A. (2001/2003). Comment les enfants entrent dans le langage.
Paris : Retz.
Laks, B. (2005). « La liaison et l’illusion ». In : Langages, n°153, Paris : Armand Colin. pp. 101-
125.
Murphy, B. (2012). « Exploring Response Tokens in Irish English - A Multidisciplinary Approach :
Integrating Variational Pragmatics, Sociolinguistics and Corpus Linguistics ». In : International
Journal of Corpus Linguistics 17(3), Amsterdam : John Benjamins, pp. 325-348.
Morgenstern, A. (2014). « Children’s Multimodal Language Development ». In : C. Fräcke (Ed),
Manual of Language Acquisition, Berlin : De Gruyter, pp. 123-142.
Paveau, M.-A., Sarfati G.-E. (2003). Les grandes théories de la linguistique : de la grammaire
comparée à la pragmatique. Paris : Armand Colin.
Peeters, J. (2006). La traduction : de la théorie à la pratique et retour. Rennes : Presses universitaires
de Rennes.
Perrot, J. (1953). La linguistique. Paris : Presses universitaires de France.
Puren, C., (2007), « Histoire de la Didactique des langues-cultures et histoire des idées ». In :
Cuadernos de filologia francesa, n°18, Cáceres : Universidad de Extramadura, pp. 127-143.
Disponible sur : https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article1323
Spaëth, V., (2010). « Le français au contact des langues ». In : Langue française, volume 167, n°3, Paris : Armand Collin, pp. 3-12. Disponible sur : https://www.cairn.info/revue-langue-francaise-
2010-3-page-3.htm
Thomasson, S. G., Kaufman, T. (1988). Language Contact, Creolization, and Genetic Linguistics.
Berkeley : University of California Press.
Thuilier, J. (2012). Contraintes préférentielles et ordre des mots en français. Thèse de doctorat,
sous la direction de L. Danlos et B. Crabbé. Paris : Université Paris Diderot - Paris 7.
Weinreich, U. (1953). Languages in Contact : Findings and Problems. New York : Mouton.
Winford, D. (2003). An Introduction to Contact Linguistics. Oxford : Blackwell Publishing.

Liens

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