Bibliographie
Colloque de la Société Internationale de Diachronie du Français (www.diachronie.org)
Toulouse, 26-28 mars 2020
1er appel à communication
Thématique 1 : L’analogie
L’analogie est un mécanisme qui conduit les locuteurs à aligner forme et sens, sur la base du
principe d’un rapport biunivoque entre forme et sens. Dans la linguistique historique antérieure
au 20e s., l’analogie est identifiée comme une force qui régularise la flexion (par ex. aime(s/nt),
am(ons/ez)>aim(ons/ez) et concerne donc essentiellement la morphologie. L’analogie étant
érigée par Meillet (1912) en mécanisme fondamental du changement grammatical – à côté de
la grammaticalisation –, son statut de changement linguistique a été mis en cause par Saussure
et Coseriu, dans la mesure où il s’agirait d’une application de règles contenues dans le système,
ou, pour d’autres raisons, dans les débuts de la tradition générative, qui lui refusait une
puissance explicative stricte, et l’analogie a de ce fait été délaissée comme concept d’analyse.
C’est surtout à la suite des travaux d’Olga Fischer (2007, 2008) que l’analogie en tant que
mécanisme du changement linguistique a été remise à l’avant-plan et qu’elle a été identifiée
comme force motrice dans la grammaticalisation (Fischer 2008) et dans la réanalyse (Desmet,
Combettes), ce qui a conduit à admettre que son action n’est pas limitée au domaine de la
morphologie, mais touche aussi les domaines de la syntaxe et la sémantique. Ce regain d’intérêt
pour l’analogie n’est pas limitée à la linguistique diachronique : le rôle de l’analogie comme
mécanisme cognitif fondamental a été démontré dans de nombreuses recherches en linguistique
cognitive et en psychologie (Itkonen, Monneret, Sander, Hofstadter, Slobin, Tomassello, ...).
Cette thématique accueille toute proposition qui offre une réflexion théorique sur le concept
d’analogie comme mécanisme du changement linguistique et/ou qui cherche à vérifier sa
pertinence pour l’étude de cas.
Thématique 2 : Le français préclassique
La dénomination de « français préclassique » est relativement bien établie aujourd’hui bien que
demeurent encore quelques variations dans les bornes qu’il convient de lui assigner. Dès lors,
la notion de français préclassique sera ici entendue en son sens le plus extensif, tant sur le plan
des bornes chronologiques (1500-1650, empan chronologique qui correspond à celui de la revue
éponyme) que quant aux phénomènes linguistiques et métalinguistiques qu’il sera possible de
prendre en compte. La période du français préclassique est une période intéressante du point de
vue de la recherche, pour plusieurs raisons ;
– Il s’agit d’une période moins étudiée du point de vue de la diachronie, en comparaison avec
le français médiéval et le français classique, ce dont témoigne sa dénomination.
– Cette période est pourtant importante, à la fois dans sa dimension de laboratoire (tentatives
orthographiques, grammaticales etc.) que du point de vue de la grammatisation ;
– Il s’agit d’une période où certaines évolutions grammaticales, en cours depuis des siècles,
arrivent à leur point d’aboutissement (ordre des mots, élimination d’irrégularités apparentes,
obligation de l’article...) et où le lexique connaît un fort développement, en particulier sous
l’influence de la créativité littéraire et dans la prise en considération de certains
changements, comme l’emprunt, notamment aux langues régionales.
Voici donc un certain nombre de questions, parmi d’autres, qui peuvent investiguées dans le
cadre de cette thématique.
Thématique 3 : Le français et les langues romanes de France
La France est un territoire de nombreuses langues romanes, pouvant être étudiées en diachronie
comme en synchronie : ces langues comprennent, outre le français, les autres parlers d’oïl,
l’occitan, le franco-provençal, le catalan ainsi que le corse. Par cette thématique, nous
cherchons à encourager les contributions portant sur l’histoire des langues romanes de France
autres que le français, à tous les niveaux de structure linguistique (phonologie, sémantique,
syntaxe, morphologie, lexique, pragmatique...) et à toutes les périodes, que ce soit dans une
perspective comparative ou focalisées sur une variété unique. Sont également bienvenues les
études portant sur les interactions de ces langues entre elles et avec le français, qui informent
les problématiques de contact entre langues, de multilinguisme, d’identité(s) linguistique(s) et
de politique linguistique ; et la question des représentations et modèles des diverses langues.
Thématique 4 : La variation sociolinguistique
La variation synchronique et l’évolution diachronique sont des phénomènes distincts mais
étroitement liés. L’étude de la variation sociolinguistique sert d’observatoire pour identifier et
analyser les évolutions en cours, car plusieurs évolutions trouvent leur origine dans la variation
sociolinguistique ; cependant, dans certains cas la variation sociolinguistique reste stable à
travers le temps. Cette thématique accueille les études de cas de variation sociolinguistique
dans la diachronie du français, à diverses époques et à divers niveaux de la grammaire. Elle
s’intéresse également aux multiples outils et ressources – linguistiques, théoriques, numériques
— disponibles pour l’étude de la variation sociolinguistique en diachronie. A travers ces prismes
empiriques comme théoriques, elle propose une réflexion sur la relation entre variation et
évolution, et sur les façons d’aborder ces deux phénomènes.
Modalités de soumission
Les participant-e-s sont invité-e-s à envoyer un résumé d’une page environ, incluant une
bibliographie restreinte.
La soumission se fait uniquement en ligne, via la plateforme Easychair :
https://easychair.org/conferences/?conf=sidf2020
Pour soumettre une proposition, il suffit de créer votre compte sur la plateforme, puis de
renseigner les rubriques du formulaire proposé sur la plateforme (identité des auteurs, affiliation
institutionnelle, thématique...), et d’y déposer votre résumé en format .pdf.
Merci de veiller à ce que votre fichier .pdf soit anonymisé (texte et métadonnées), et de préciser
dans le fichier :
• le titre de la contribution
• l’axe principal dans lequel s’inscrit la contribution, parmi les quatre thématiques proposées
N. B. : Toute proposition mêlant les diverses thématiques ou concernant plus
généralement l’histoire du français sera prise en considération.
Réception des propositions de communication : 15 octobre 2019
Notification d’acceptation ou de non acceptation : 1er décembre 2019
Colloque : 26-28 mars 2020
De plus amples informations figureront bientôt sur le site du colloque :
https://sidftoulouse2020.wordpress.com