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Linguistique de la définition : formes, textes, discours

Bibliographie

Colloque international

“Linguistique de la définition : formes, textes, discours”
Organisée par l’équipe « Linguistique de l’énonciation »

du Laboratoire CNRS BCL, UMR7320
Université Nice Côte d’Azur
MSHS Sud-Est

Dans la lignée des deux journées d’étude qui se sont déroulées à Nice en octobre 2015 et en
décembre 2019, l’équipe “Linguistique de l’énonciation” du laboratoire « Bases, Corpus,
Langage » organise un colloque qui vise à faire le point sur la définition en tant qu’objet
linguistique. Il se tiendra à Nice les 27 et 28 mai 2021, à la Maison des Sciences de l’Homme
et de la Société.
La première journée (« La définition pour quoi faire ? ») se centrait sur les enjeux
pragmatiques de la définition, dans une tradition déjà bien ancrée de notre laboratoire1
 ; la
deuxième (« La définition dans l’Antiquité ») explorait la tradition gréco-latine du
phénomène. Le colloque à venir propose une perspective plus englobante et se donne pour
objectifs d’aborder la définition dans toutes ses dimensions linguistiques, de ses marqueurs
formels jusqu’à ses fonctionnalités discursives. On se penchera donc sur des objets
légèrement différents selon le prisme choisi : l’énoncé définitoire et ses marques,
l’énonciation définitoire et ses jeux de points de vue, le texte définitoire et ses rapports à la
cohésion et la cohérence, l’acte définitoire et ses effets pragmatiques, et éventuellement les
relations à l’œuvre entre ces différents niveaux.
La réflexion pourra porter aussi bien sur des corpus écrits (politique, juridique, religieux,
médiatique, scientifique, littéraire...) que sur des corpus oraux, monologaux ou dialogaux et
pourra s’ouvrir à d’autres langues que le français.
Axes :
Prérequis : la délimitation du corpus retenu incluant nécessairement une réflexion sur les
délimitations de la définition, son identification, cette réflexion pourra donner lieu à une
communication à part entière.
Hormis cette possibilité, les propositions illustreront les 3 directions qui suivent, sachant que
leurs frontières ne sont toutefois pas étanches : à titre d’exemple, si c’est l’approche de la
définition en tant que figure qui est retenue, la réflexion peut mobiliser simultanément les 3
axes.
1. Les marques et les opérations linguistiques mises en jeu dans la définition
L’identification d’un corpus d’occurrences suppose naturellement une réflexion sur les
marques plus ou moins repérables de la définition.
1 Voir notamment Citer pour quoi faire ? Pragmatique de la citation, dir. Anna Jaubert, Juan Manuel Lopez,
Sophie Marnette, Laurence Rosier et Claire Stolz, Louvain, Academia, Au cœur des textes, 2011 ou Les
registres : enjeux stylistiques et visées pragmatiques, Hommage à Anna Jaubert, Louvain, Academia, Au cœur
des textes, dir. Lucile Bordes et Geneviève Salvan, 2008.

 Y a-t-il des marques lexico-grammaticales spécifiques ou des formes prototypiques
de la définition, selon que l’activité définitoire est d’ordre métalinguistique ou
épilinguistique ? Au contraire, l’énoncé définitoire repose-t-il sur une combinaison ou
une convergence de marques ? Par exemple, dans quels cas une structure attributive ou
une structure appositive deviennent-elles des définitions ?
 Quels rapports la définitions entretient la définition avec les marques de la généricité,
les formes métalinguistiques comme l’autonymie, le lexique de la nomination comme
appeler X un N ?
 (marques nécessaires mais non suffisantes ?) Quelles frontières (souvent ténues), la
définition entretient-elle avec des opérations voisines comme la nomination et la
dénomination, la caractérisation, l’identification ?
2. Les enjeux énonciatifs de l’activité définitoire
 Quels jeux de points de vue sont à l’œuvre dans l’énonciation définitoire ?
 Qu’est-ce que la définition nous dit du définisseur, de sa culture, de ses choix, de
son idéologie, de son intention, de son ethos ? pourquoi ? comment ?

 L’activité définitoire s’exerce-t-elle en interaction (avec négociation/ co-
construction) ou bien s’agit-il d’une activité monologique ?

3. Les enjeux textuels et génériques de la définition
 Quels sont les critères qui peuvent justifier le bornage textuel et l’empan de la
définition ?
 Quelles relations l’énoncé définitoire entretient-il avec les autres structures
textuelles ?
 Quelles relations la définition entretient-elle avec la notion de figure/ les figures ?
 Quelles relations la définition entretient-elle avec les genres (genres littéraires ou
non-littéraires ; genre écrit/oral) ?
 Dans quelle mesure la définition est-elle conditionnée, structurée par le choix du
genre ?
Bibliographie indicative
Beaujot Jean-Pierre, « Le travail de la définition dans quelques maximes de La
Rochefoucauld », Les formes brèves de la prose et le discours discontinu (XVIe-XVIIe
siècles), Paris, Vrin, 1984, p. 95-99.
Calas Frédéric et Garric Nathalie, « La définition comme procédé discursif satirique dans les
Lettres Persanes de Montesquieu », Autour de la définition, Publifarum, n° 11, 2010
(http://publifarum.farum.it/ezine_articles.php?id=135).
Cusin-Berche Fabienne, « Définition », in Dictionnaire d’analyse du discours, dir.
Charaudeau Patrick et Maingueneau Dominique, Paris, Seuil, 2002, p. 156-158.
Doury Marianne et Micheli Raphaël, « Enjeux argumentatifs de la définition : l’exemple des
débats sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe », Langages, 2016, n° 204,
p. 121-138.

Dufour Françoise, « Reformulation métalinguistique et re-catégorisation du référent : du
progrès civilisateur au développement », L‘acte de nommer, une dynamique entre langue et
discours, Paris, Sorbonne nouvelle, 2007, p. 165-176.
Escoubas Benveniste Marie-Pierre, « La définition dans le texte économique écrit de
vulgarisation savante - première partie », Autour de la définition, Publifarum, n° 11, 2010.
Julia Catherine, Fixer le sens ? La sémantique spontanée des gloses de spécification du sens,
Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2001.
Kleiber Georges, « Remarques sur la dénomination », Cahiers de praxématique, 2001, n° 36,
p. 21-41.
Martin Robert, « La définition “naturelle” », in La définition, Paris, Larousse, 1990, p. 86-96.
Molinié Georges, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Le livre de poche, 1982.
Montagne Véronique, « Formes et usages de la définition dans le discours politico-religieux
de la fin du XVIème siècle », Le Français Moderne, - Revue de linguistique Française, CILF,
2018, p. 147-162.
Mortureux Marie-Françoise, « Paradigmes désignationnels », in Semen, n° 8, 1993
(http://semen .revues.org/document4132.html. 1993).
Plantin Christian, « L’argumentation dans la définition », Essais sur l’argumentation, Paris,
Kimé, 1990, p.255 sqq.
Perelman Chaïm et Olbrechts-Tyteca Lucie, Traité de l’argumentation, Presses de
l’Université de Bruxelles, 1958.
Pernot Laurent, La rhétorique dans l’Antiquité, Paris, Le livre de poche, 2000.
Riegel Martin, « La définition, acte du langage ordinaire – De la forme aux interprétations »,
La définition, Paris, Larousse, 1990, p. 97-117.
Sambre Paul, Émergence et conceptualisation de la définition en langue naturelle. Une étude
de cas sur Internet en néerlandais et en français. Thèse de doctorat, Département de
Linguistique, Université Catholique de Louvain (KUL), 2005.
Sambre Paul, « Être dans tous ses états : Vers une description conceptuelle du verbe être dans
la définition en langue naturelle », Cognitextes, vol. 1, 2007,
https://doi.org/10.4000/cognitextes.120.
Steuckardt Agnès, « Présentation », Le mot et sa glose, dir. Steuckardt A. et Niklas-Salminen
A., Coll. Langues et langage, n° 9, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de
Provence, 2003, p. 5-17.
Traverso Véronique et Greco Luca, « L’activité de définition dans l’interaction : objets,
ressources, formats », Langages, 2016, n° 204, p. 5-26.

Langue du colloque : le français
Proposition de communication : le comité scientifique attend 1 page A4 maximum, avec
une courte notice bio-bibliographique avant le 1

er janvier 2021 à

Veronique.MONTAGNE@univ-cotedazur.fr.
Comité scientifique :
Marc Bonhomme (Université de Bern)
Anna Jaubert (Université Côte d’Azur)
Jean-Marie Klinkenberg (Université de Liège)
Alice Krieg-Planque (Université Paris Est-Créteil)
Véronique Montagne (Université Côte d’Azur)
Alain Rabatel (Université Lyon I)
Laurent Rouveyrol (Université Côte d’Azur)
Geneviève Salvan (Université Côte d’Azur)
Véronique Traverso (Université Lyon II)
Marie-Albane Watine (Université Côte d’Azur)

Liens

Site du colloque
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