Bibliographie
Colloque International
Plurilittéracies : Compétences, Pratiques et Interventions
Nouvelles dates : 5-6 Décembre 2020
Argumentaire
Forgée à partir du terme anglais literacy et popularisée dans le monde francophone par
la diffusion des travaux de Jack Goody (1979), la littéracie est définie par l’Organisation
de Coopération et de Développement Economique (OCDE) comme une « aptitude à
comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail
et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses
connaissances et ses capacités » (2000).
Qu’on l’entende comme un savoir lire-écrire de base tel qu’enseigné/appris au cours de
la scolarité ou comme un ensemble d’attitudes, de connaissances, d’habiletés et de
compétences liées à l’écrit (Hébert et Lépine, 2013 ; Dupont, 2014) ou encore comme
une pratique sociale et culturelle, la littéracie considérée par l’ONU (2007) comme un
droit universel interpelle décideurs, chefs d’établissements scolaires et universitaires,
acteurs pédagogiques, formateurs et apprenants de tous niveaux. C’est que cette
compétence présente un enjeu essentiel dans la réussite éducative (Hébert et
Lafontaine, 2010), dans l’intégration sociale et la future insertion professionnelle des
apprenants et plus généralement dans le développement des individus et des sociétés
(Makdissi et Boisclair, 2010). Les recherches actuelles soutiennent l’hypothèse d’une
décroissance de l’employabilité chez les personnes dont le niveau de littéracie est faible
(Langlois, 2018). Conséquemment, la littéracie est considérée selon les rapports de
l’OCDE comme une source de croissance. En effet, selon une étude réalisée au Canada
qui tend à montrer la relation directe entre les compétences et le PIB, (Coulombe,
Tremblay et Marchand, 2004), une augmentation de 1% du niveau de littéracie de la
population d’un pays induit une progression de 2,5% du niveau de productivité de la
main-d’œuvre, ce qui entraîne une hausse de 1,5% du produit intérieur brut (PIB) de ce
même pays. Or, dans les sociétés modernes l’information circule surtout sous forme
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écrite. C’est dire si cette notion mérite toute notre attention et celle des enseignants car
« la maîtrise de l'écrit ne s'arrête pas seulement à l'acquisition d'un nouveau code mais
réside dans la construction de nouvelles compétences langagières ; être un véritable
acteur dans une culture d'écrit c'est être en mesure de structurer ses actions et ses
pensées à l'aide d'outils d'écrit » Alcorta, (2001:95).
De plus, la place prépondérante des pratiques d'écriture et de lecture sur les nouveaux
écrans (ordinateurs, tablettes, smartphones....) nous contraint à ne pas rester en marge
des transformations culturelles et sociétales (Bacha, Ben Abid Zarrouk, Kadi-Ksouri et
Mabrour, 2018) et à penser la littéracie en relation avec les développements
technologiques et les contextes linguistiques, culturels, économiques et sociaux dans
lesquels vivent les individus (Delcambre et Lahanier-Reuter, 2012 ; Boudechiche,
2018b ; Kadi-Ksouri, 2018). C’est pourquoi, les situations plurilingues nous interpellent
plus encore (Kadi et Barré de Miniac, 2009 ; Bouchard et Kadi, 2012 ; Boudechiche,
2018a).
Peu d’études portent leur intérêt sur le développement de la littéracie chez des
apprenants allophones, scolarisés en langue seconde ou étrangère. Qu’en est-il des
littéracies plurilingues ? Quelles en sont les formes ? Quelles questions soulèvent-elles ?
Quelles interventions peut-on préconiser pour le développement de compétences
littéraciques en langue(s) étrangère(s) ? Quels outils et ressources pour aider à
acquérir les connaissances exigées par des sociétés de l’écrit ? Quel est le rôle de l’oral
dans l’émergence de la littéracie ? Quels sont les facteurs qui facilitent le développement
de la littéracie en contexte plurilingue ? Le transfert des connaissances et des
compétences littéraciques d’une langue à l’autre est-il possible ? Quelle médiation
apporter à ces publics aux besoins particuliers ? Quels dispositifs pédagogiques ? Autant
de questions auxquelles les participants à ce colloque chercheront à répondre. Afin
d’explorer la notion et ses usages, les contributeurs-trices sont invités à :
– Une problématisation de la plurilittéracie qui permette de mieux cerner les
contours de la notion
– une réflexion sur les cadres théoriques mobilisés dans les recherches qui
s’intéressent à la question de l’écrit et de la littéracie plurilingue, notamment
celles revenant sur le flou sémantique de la notion
– des méga-analyses sur différents aspects des apprentissages en lecture et en
écriture en langue étrangère (processus d’apprentissage, rapport à la littéracie)
– des analyses sur les difficultés en compréhension et en production perçues par
les enseignants
– une présentation de recherches empiriques rendant compte d’interventions aux
différents paliers du système éducatif : primaire, collège, lycée, université
(analyse des réussites mais également des difficultés ou des échecs, obstacles à
l’intervention)
– une présentation de recherches sur les pratiques sociales de la littéracie dans un
contexte de langues en contact
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– une réflexion sur l’apport des nouvelles technologies au développement des
compétences en littéracie.
Ce colloque se veut un espace pluridisciplinaire de réflexion, de rencontres et
d’échanges entre chercheurs des Sciences de l’Education, de Didactique des langues,
des Sciences de l’information et de la communication, des Sciences du langage, des
Sciences des Textes, de Sociologie et de Psychologie.
Axes du colloque :
– Littéracies scolaire/universitaire/disciplinaire
– Littéracie numérique
– Littéracie précoce
– Littéracie et oralité
– Littéracie médiatique multimodale