G. Achard-Bayle & M. Temmar (dir.)
Ce dossier de revue a pour objectif d’analyser la manière dont les locuteurs, par leurs opérations discursives, désignent des entités dont l’identité de genre évolue ou change ; de ce point de vue, une évolution ou un changement d’identité de genre peut nécessiter un changement de désignation, ce qui peut se traduire notamment par une modification du genre grammatical. Ainsi le lien se fait entre deux acceptions de genre – même si ce lien ne se fait et ne s’est pas fait « naturellement », ayant lui-même une histoire dans l’évolution des théories linguistiques.
Le propos est alors, du point de vue (méta-) linguistique, d’articuler la catégorie grammaticale de genre fondée sur la répartition des noms en deux ou trois classes (masculin, féminin, neutre, selon les langues)1 à la notion issue des « gender studies » qui vise l’identité genrée conçue comme construction politique et sociale de la différence des sexes.
(Re)dire le genre peut donc se comprendre comme la manière d’une part de rendre compte et de représenter des entités, ce qui implique les trois dimensions : référentielle, discursive et textuelle de telles opérations ; d’autre part de revoir une « organisation grammaticale » à l’aune des évolutions qui caractérisent nos sociétés, y compris dans la manière dont elles « voient » le monde animal. On peut d’ailleurs inclure dans ce champ problématique l’examen de la façon dont la « conscience normative » opère, en termes de « linguistique populaire », par « sentiment linguistique ».
Voir en ligne : (Re)dire le genre (Corela, HS 44)