Bibliographie
Sémantique structurale, 50 ans après
Driss Ablali & Nedret Oztokat
CREM-Université de Lorraine/Université d’Istanbul
6-7 Octobre 2016, Istanbul, Turquie
« Pendant mon séjour en Turquie, j’ai continué donc mes réflexions sur
cette nouvelle façon d’aborder les problèmes de la signification, qui est
devenue depuis la sémantique. Et c’est en effet les premiers résultats de
mes recherches que j’ai soumis à mes étudiants turcs à Istanbul. J’ai repris
ensuite les éléments de ce cours pour le refaire à Paris et le publier sous la
forme de Sémantique structurale ». Greimas
L’année 1966 est l’année du siècle dernier qui a marqué de la façon la plus forte les sciences
humaines en France. Une année où on a vu paraître à peu près simultanément plusieurs livres
importants, qui ont marqué l’histoire des théories textuelles et discursives. On peut citer, à
titre d’exemple, les écrits de Jacques Lacan, Les mots et les choses de Michel Foucault, les
Problèmes de linguistique générale d’émile Benveniste, Figures 1 de Gérard Genette, la
traduction française du Langage de Louis Hjelmslev, Critique et vérité de Roland Barthes et
bien sûr Sémantique structurale d’Algirdas-Julien Greimas. Et c’est la même année que
Roman Jakobson prit l’initiative de la création de l’IASS / AIS (International Association for
Semiotic Studies / Association Internationale de Sémiotique) lors d’un colloque organisé à
Kazimierz, en Pologne, sous les auspices de l’Unesco.
En France, c’est Sémantique structurale de Greimas qui a valeur de fondation pour la
sémiotique française, dite « école de Paris », dont les répercussions vont d’ailleurs bien au-
delà de la seule discipline sémiotique à laquelle son nom demeure associé. Cet opus de
Greimas marquera, entre autres, les théories littéraires et narratologiques, la philosophie du
langage, l’herméneutique, l’anthropologie, la sociologie et les sciences de l’information et de
la communication. Ainsi naquit en France ce qu’on appelle la sémiotique, discipline qui va
baliser un espace essentiel de l’enseignement et de la recherche en sciences humaines et
sociales. Greimas est donc sans conteste l’une des grandes figures du vingtième siècle, à
l’instar de quelques-uns de ses illustres contemporains plus souvent invoqués (Foucault,
Derrida, Lévi-Strauss).
C’est dans ce livre, écrit lors des séjours de Greimas à l’étranger, notamment en Turquie,
entre Ankara et Istanbul (de 1958 à 1962), que l’on lit pour la première fois, après L.
Hjelmslev, une théorie de la signification, pour rompre avec la tradition phrastique,
préoccupée par l’analyse des signes, mettre le texte sur le devant de la scène, en s’appuyant
sur les avancées théoriques et épistémologiques des décennies précédentes.
En posant clairement les fondements épistémologiques de la sémiotique (Propp, Hjelmslev,
Saussure, Jakobson, Brøndal, Tesnière), Greimas veut établir une archéologie du sens des
textes, une étude des conditions de possibilité du sens, en plaidant pour une conception du
sens sans ontologie : « La seule façon d’aborder, à l’heure actuelle, le problème de la
signification consiste à affirmer l’existence de discontinuités, sur le plan de la perception, et
celle d’écarts différentiels (ainsi Lévi-Strauss), créateurs de signification, sans se préoccuper
de la nature des différences perçues » (1966 : 18).
Qu’il s’agisse du passé comme de l’avenir, Sémantique structurale est peut-être une de ces
oeuvres-vie qui ne cesse d’augmenter son présent à l’oeuvre et donc qui ne cesse d’oeuvrer au
présent. Bref, 50 ans après sa parution, Sémantique Structurale est plus que jamais d’actualité.
Le geste de ce colloque, et des orientations qu’on souhaite lui donner, qui cherchent à relire
Sémantique structurale en le situant dans le moment où elle fit événement théorique, consiste
à montrer qu’un intérêt nouveau pour l’originalité de l’oeuvre existe aujourd’hui. Car « il
s’agit, comme l’écrit E. Landowski, d’un ouvrage séminal qui conserve dans l’ensemble
(sinon dans tous ses détails) une valeur vivante et instigatrice » (2006).
Ce colloque a pour objectif de montrer la diversité des recherches qui prolongent et
renouvellent, parfois radicalement, les initiatives et l’héritage de Sémantique structurale de
Greimas, ouvrage « dont le programme n’a pas été encore suffisamment développé » (Rastier
2008). Il se veut un hommage aux travaux du sémioticien, hommage rendu non de façon
hagiographique, mais bien ancré dans les recherches et questionnements contemporains,
développés à partir et autour de l’œuvre de Greimas.
Il s’agit donc de relire Sémantique structurale en approfondissant les brèches ou plutôt les
voies dégagées par ses postures épistémologiques pour faire ressortir de nouveaux
questionnements ou pour proposer des outils méthodologiques et des catégories descriptives
innovantes, susceptibles de favoriser les échanges entre différents paradigmes sémiotiques. Ce
colloque n’est pas un hommage à Greimas : il est un hommage au savoir, à la connaissance
auxquels l’œuvre de ce sémioticien a apporté une pierre angulaire fondamentale.
Mais Sémantique structurale ne peut être revisité 50 ans plus tard sans prendre en
considération le poids et l’ampleur des travaux du sémioticien turc Tahsin Yücel, son assistant
de l’époque, dont la thèse sur Bernanos, intitulée « L’imaginaire de Bernanos » et soutenue le
17 janvier 1965 à l’Université d’Istanbul sous la direction de Greimas, est à la base d’un des
grands chapitres de Sémantique structurale, « Un échantillon de description ». La question de
leurs relations, déterminantes, obliques et complémentaires, mérite d’être posée dans ce
colloque pour évoquer, entre autres, l’impact des travaux de Yücel sur toute une génération de
sémioticiens en Turquie.
Conférenciers invités :
Michel Arrivé, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, France :
Greimas Linguiste.
Denis Bertrand, Université de Paris VIII, France :
Titre à préciser.
Paolo Fabbri, Libera Università internazionale di Scienze Sociali,
Roma- CiSS/Urbino :
Retour au futur : le niveau sémiologique.
Jacques Fontanille, Université de Limoges, France :
Les modes d’existence : Greimas et les ontologies sémiotiques.
AyÅŸe Kıran, Université Hacettepe –Ankara, Turquie :
Titre à préciser.
Eric Landowski, CNRS-Sciences Po, Paris, France :
Deux en un ou L’un dans l’autre.
Herman Parret, Université de Louvain, Belgique :
Construire une épistémologie pour la sémiotique en 1966.
Comité d’organisation :
Nedret öztokat
Seldag Bankir
Bulent Caglakpinar
Selin Gürses Åžambay
Necmi öztürk
Cagatay Yilmaz
Comité scientifique :
Michel Arrivé, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, France
Sémir Badir, Université de Liège, Belgique
Waldir Beividas, Université de Sào Paolo, Brésil
Anouar Ben Msila, Université Moulay Ismail-Meknès, Maroc
Denis Bertrand, Université Paris 8, France
Jean-François Bordron, Université de Limoges, France
Per Aage Brandt, Université d’Aarhus, Danemark
Thomas Broden, Purdue University, USA
Jean-Claude Coquet, Université Paris-VIII, France
Nicolas Couégnas, Université de Limoges, France
Dominique Ducard, Université Paris-Est Créteil Val de Marne, France
Jacques Fontanille, Université de Limoges, France
Paolo Fabbri, Libera Università internazionale di Scienze Sociali, Roma- CiSS/Urbino
Mehmet Yalçin, Université Dokuz Eylül- İzmir, Turquie
Anne Hénault, Université de Paris IV, France
Yves Jeanneret, CELSA - Université de Paris-Sorbonne, France
Teresa Keane-Greimas, Université Paris-Est Créteil Val de Marne, France
AyÅŸe Kıran, Université Hacettepe –Ankara, Turquie
Eric Landowski, CNRS-Paris, France
Gianfranco Marrone, Université de Palerme
Ivà Carlos Lopes, Université de Sào Paulo, Brésil
Sündüz öztürk Kasar, Université de Yıldız- Istanbul, Turquie
Ece Korkut, Université Hacettepe, Ankara, Turquie
Duygu öztin-Passerat, Université Dokuz Eylül –İzmir, Turquie
Herman Parret, Université de Louvain, Belgique
José María Paz Gago, Université de la Corogne
Osman SenemoÄŸlu, Université de Galatasaray, Turquie
Hamid Reza Shairi, Université Tarbiat Modares, Iran
Luisa Ruiz Moreno, Université Autonome de Puebla, Mexique
Claude Zilberberg, Paris, France
Alessandro Zinna, Université Jean Jaurès, France
Modalités de soumission des propositions de communication
Langues des communications : français
Les propositions de communication devront être envoyées, avant le 31 mars, à l’adresse
semantiquestructurale1966@gmail.com
Les articles soumis devront décrire un travail original et novateur en rapport direct avec
Sémantique structurale. Le résumé sera accompagné d’une page de renseignements pratiques
comprenant : nom, affiliation, téléphone, adresse postale et électronique. Les résumés (ne
dépassant pas 3000 signes) doivent être en Times 12 avec interligne simple et en format Word
ou RTF. Les contributions feront l’objet d’une double évaluation anonyme par deux experts
du comité scientifique.
Les décisions seront communiquées le 15 mai 2016 et le programme provisoire du colloque
sera diffusé le 30 juin.
Modalités d’inscription
Le comité d’organisation a établi les tarifs suivants relatifs à l’inscription au colloque : 80
euros. L’inscription au colloque comprend la participation à toutes les séances du colloque,
les 2 déjeuners et les pauses cafés.
Pour toute demande d’information complémentaire, veuillez nous contacter à l’adresse
suivante : semantiquestructurale1966@gmail.com