Bibliographie
TROISIèME COLLOQUE INTERNATIONAL DIA DU FRANçAIS ACTUEL
LE FRANçAIS INNOVANT
Dates de la tenue de l’événement : 15 et 16 mars 2018
Lieu : Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle
Date limite de soumission des propositions de communication : 15 octobre 2017
Notification des résultats : 15 novembre 2017
ORGANISATRICES
Federica Diémoz (Université de NeuchÂtel)
Gaétane Dostie (Université de Sherbrooke)
Pascale Hadermann (Université de Gand)
Florence Lefeuvre (Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle)
La troisième édition du colloque international DIA du français actuel se tiendra à l’Université
Paris 3 – Sorbonne nouvelle les jeudi 15 mars et vendredi 16 mars 2018. L’événement est
organisé en partenariat par le laboratoire CLESTHIA de l’Université Paris 3, le Centre de
dialectologie et d’étude du français régional de l’Université de NeuchÂtel, le Centre
interuniversitaire sur le français en usage au Québec de l’Université de Sherbrooke ainsi que le
Département de linguistique de l’Université de Gand. La mise en place d’une série de colloques
consacrés à la thématique de la variation en français actuel a été proposée à Gand lors d’un atelier
d’études en mai 2012. L’initiative s’est concrétisée par les rencontres de Sherbrooke en mai 2013
puis de NeuchÂtel en novembre 2015.
CADRE DES RENCONTRES
La variation a constitué, pendant longtemps, le champ d’étude de prédilection des dialectologues
et des sociolinguistes (p. ex. Langue et société 2016 : 154) qui s’attellent, entre autres, à
déterminer les causes de l’existence de variétés de langue en les mettant en rapport avec le milieu
social des locuteurs, avec leurs parcours personnels (dans l’espace et dans le temps), avec leurs
rapports à l’interlocuteur, avec leur sensibilité aux registres de langues. GrÂce aux nombreux
travaux dans le domaine, on parvient maintenant à se former une idée assez précise de ce que
peut représenter la variation en langue, variation que nous définissons comme un phénomène qui
couvre la coexistence de diverses formes ou structures concurrentes (ou variantes) et qui donne
naissance à plusieurs microsystèmes. Il arrive que, au sein de tel ou tel microsystème, l’une des
variantes disparaisse ou apparaisse, ce qui entraîne progressivement une restructuration associée
à un changement. Ce changement entretient des rapports « conflictuels » avec les conventions
linguistiques de la langue dite standard, qui constitue le repère social pour mesurer l’écart.
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GrÂce, en particulier, aux développements récents des corpus, notamment oraux, l’étude de la
variation s’est vue enrichie d’outils performants, d’une part pour appréhender l’énorme
productivité langagière et, d’autre part, pour distinguer ce qui a tendance à se figer dans la langue
de ce qui appartient au domaine de la variabilité. Le chercheur devient ainsi de mieux en mieux
outillé pour déceler les éventuelles régularités qui se cachent derrière l’apparente diversité des
données et pour déterminer les grands principes qui pourraient sous-tendre la variation et le
changement. De plus, dans ces processus-ci, il est intéressant d’isoler les traits innovants et
d’identifier la manière dont ceux-ci se répandent dans les groupes socioculturels, dans l’espace,
dans les registres, à l’oral ou à l’écrit..., c’est-à-dire, respectivement, selon des paramètres
diastratiques, diatopiques, diaphasiques et/ou diamésiques.
Ces différents paramètres dia, sous-jacents à la variation, permettent de repérer plusieurs sous-
systèmes langagiers, perméables entre eux, qui constituent ce que Weinreich 1954 appelle le
diasystème, c’est-à-dire un super-système ou un système d’un niveau supérieur aux autres. Le
diasystème a pour caractéristique que « le même fait matériel peut appartenir à un certain niveau
et à un certain style dans un dialecte et à un autre niveau et à un autre style (ou, même, à tous les
niveaux et à tous les styles) dans un autre dialecte » (Coseriu 1998 : 15).
Ces derniers temps, on assiste à un regain d’intérêt pour les questions variationnelles en
synchronie, comme en attestent les publications collectives qui s’enchaînent à un rythme régulier
non plus préférentiellement en dialectologie et en sociolinguistique (p. ex. Gadet et al. 2017),
mais aussi en lexicologie, en sémantique, en syntaxe, en morphologie et en
phonétique/phonologie. à titre d’exemple, citons quelques numéros récents des Cahiers de
lexicologie (CL) et du Journal of French Language Studies (JFLS) où sont notamment abordées
sous des angles lexicologique, sémantique, syntaxique et phonétique les thématiques, entre
autres, des gros mots (CL 2015), des marqueurs discursifs (CL 2015), des modalisateurs
émergents (JFLS 2016) et de la liaison (JFLS 2017). Voilà qui suggère une (ré-)appropriation
progressive de l’objet « variation et variabilité en synchronie » dans certains sous-domaines de la
linguistique qui, à des degrés divers, s’en étaient plus ou moins écartés.
THéMATIQUE DE L’éDITION DE 2018
Dans le cadre de la quatrième rencontre DIA du français actuel, on souhaite accueillir des
exposés axés prioritairement sur le français innovant sous toutes ses formes. Ce français sera
appréhendé à travers des innovations récentes aux plans discursif, syntaxique, sémantique,
lexical, morphologique, voire phonétique, dans tous les styles communicatifs et dans toutes les
variétés diatopiques de langue.
Toutes les approches théoriques sont bienvenues. Le comité organisateur souhaite néanmoins
insister sur l’intérêt particulier de poursuivre la réflexion déjà amorcée sur la thématique de la
variation et du changement en langue dans le cadre d’approches théoriques se situant à l’interface
sémantique – lexique – syntaxe. Ces dernières pourraient être encore mieux mises à profit pour
aider à éclairer, sous un angle parfois inédit, divers aspects du diasystème français, comme les
approches cognitives, le modèle Sens-Texte, la Métalangue sémantique naturelle, les approches
énonciatives, les approches modulaires, les modèles stratificationnels de la macro-syntaxe...
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RéFERENCES / SéLECTION
Cahiers de lexicologie, 2015, no 106, coordonné par Gaétane Dostie et Pascale Hadermann,
« Diasystème et variation en français actuel : aspects sémantiques ».
Coseriu, Eugenio, 1998, « Le double problème des unités “DIA-S” », Communication et
Cognition », coll. Les cahiers DIA : études sur la diachronie et la variation linguistique,
p. 9-16.
Gadet, Françoise (éd.), 2017, Les parlers jeunes dans l’Ile-de-France multiculturelle, Paris :
Ophrys.
Journal of French Language Studies (JFLS), 2016, vol. 26, no
. 1, coordonné par Gilles Siouffi,
Agnès Steuckardt et Chantal Wionet, « Les modalisateurs émergeants en français
contemporain ».
Journal of French Language Studies (JFLS), 2017, vol 27, no 1, coordonné par Julien Eychenne
et Bernard Laks, « La liaison en français contemporain : normes, usages, acquisitions »,
Langage & Société, 2015, no 154, coordonné par Françoise Gadet et Emmanuelle Guérin,
« Parlers ordinaires, parlers jeunes : terrains, données, théorisations ».
Weinreich Uriel, 1954, « Is a Structural Dialectology Possible ? », Word, vol. 10, no 2-3, p. 388-
400.
CONFéRENCIèRES INVITéES
Elisabeth Stark (Université de Zürich)
Agnès Steuckardt (Praxiling, Université Paul Valery – Montpellier 3)
COMITé SCIENTIFIQUE
Olivier Baude (Université Paris Nanterre)
Karine Gauvin (Université de Moncton)
Martin Hummel (Karl-Franzens-Universität Graz)
Pierre Larrivée (Crisco, Université de Caen – Normandie)
Michel Pierrard (Vrije Universiteit Brussel)
Claus D. Pusch (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg)
Gilles Siouffi / (Université Paris – Sorbonne)
Agnès Steuckardt (Praxiling, Université Paul Valery – Montpellier 3)
MODALITé DE SOUMISSION
Les personnes intéressées à intervenir au colloque sont priées de soumettre aux organisatrices
leurs propositions de communication avant le 15 octobre 2017.
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Adresses courriels pour l’envoi des propositions de communication :
federica.diemoz@unine.ch
gaetane.dostie@usherbrooke.ca
pascale.hadermann@ugent.be
florence.lefeuvre@univ-paris3.fr
Chaque proposition sera examinée par deux membres du comité scientifique en respectant
l’anonymat des auteurs ainsi que par les organisatrices. Les résultats seront communiqués le 15
novembre 2017.
Format de présentation
- Taille de la proposition : deux pages maximum, avec les références.
- Merci de transmettre deux documents Word (Times New Roman taille 12, interligne simple) :
• un premier contenant les noms de ou des auteurs, leurs affiliations institutionnelles et
leurs coordonnées, suivi d’un titre, de 2 à 4 mots-clés et de la proposition ;
• un second ne contenant que le titre, les mots-clés et la proposition.
PUBLICATION
Une sélection de textes sera faite à l’issue du colloque en vue d’une publication dans un numéro
thématique de revue.