"Sodome et Gomorrhe : remarques sur le romanesque proustien (en marge de la traduction)"
9 décembre 2021 - TribuneDans le cadre du cycle proustien, Sodome et Gomorrhe est un volume relativement indépendant, et sans doute celui qui est le plus romanesque, le plus « balzacien » de tous. La fresque sociale y prend toute son ampleur, et la découverte de l’inversion, véritable noyau de l’action, y constitue, pour le héros, une initiation aussi importante que le motif de la madeleine. Cependant, à travers la réflexion sur la langue, Sodome et Gomorrhe ouvre également La Recherche à la dimension anti-romanesque, travail de sape annoncé dès la première partie par un « essai » sur l’homosexualité. Essayer de ne pas se perdre dans cette complexité, et de trouver des tons pour l’exprimer : telle semble la tâche principale d’un traducteur de ce volume.
Écriture inclusive : "La France a une longue histoire de politisation des questions linguistiques"
28 février 2021 - TribuneSuite à la proposition de loi visant à interdire l’écriture inclusive dans les documents administratifs, le professeur en langue française Gilles Siouffi revient sur l’origine et les enjeux du langage épicène.
Écriture inclusive - Tribunes
28 septembre 2020 - TribuneDes collègues publient des tribunes - contraires - sur l’écriture inclusive :
1."Une écriture excluante qui s’impose par la propagande"
parue dans Marianne, le 18 septembre 2020 :
https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-ecriture-excluante-qui-s-impose-par-la-propagande-32-linguistes-listent-les
(autre version signée du 26 septembre sur le blog /Mezetulle/ :
https://www.mezetulle.fr/les-laisses-pour-compte-de-lecriture-inclusive-un-probleme-linguistique-et-social/)
2. "Au delà de l’écriture inclusive : un programme de travail pour la linguistique d’aujourd’hui"
réponse à la première tribune, parue dans Mediapart, le 25 septembre :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250920/au-dela-de-l-e-criture-inclusive-un-programme-de-travail-pour-la-linguistique-d-aujour
Communiqué de presse interassociatif
23 septembre 2020 - Tribune15 associations déposent un recours au Conseil d’État contre la certification obligatoire en langue anglaise imposée dès septembre 2020 dans toutes les licences des établissements d’enseignement supérieur français.
| communique_de_presse_vf-1.pdf (PDF - 579.2 kio) |
Manifeste pour la reconnaissance du principe de diversité linguistique et culturelle dans les recherches concernant les langues
4 avril 2019 - TribuneAu fil des années, et cela depuis plusieurs décennies, les institutions de l’enseignement supérieur enjoignent, progressivement, et de manière de plus en plus pressante, aux enseignantes-chercheures et enseignants-chercheurs (EC) d’accroître leur visibilité internationale. Il est normal que les EC se préoccupent de participer aux débats internationaux dans leurs disciplines. Cela se fait lors de colloques et au fil d’articles, non pas à des fins publicitaires, mais pour confronter et échanger points de vue et postures théoriques dans un souci d’amélioration de la qualité de leurs travaux. L’indépendance des EC, qui est indispensable et constitutive de leurs fonctions, rend toute pression pour influencer ce processus non seulement inutile, mais surtout inappropriée.
Lire la suite et signer la pétition :
https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/manifeste-reconnaissance-principe-diversite-linguistique-culturelle/63600
Tribune - Bernard Cerquiglini
6 mars 2019 - TribuneL’adhésion de l’Académie française à la féminisation des noms n’est pas une reddition anecdotique
Si le linguiste Bernard Cerquiglini salue, dans une tribune au "Monde", le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions, il estime que l’institution doit revoir ses méthodes.
Publié sur le site du Monde le 05 mars 2019
Article sur le site du Monde : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/05/l-adhesion-de-l-academie-francaise-a-la-feminisation-des-noms-n-est-pas-une-reddition-anecdotique_5431638_3232.html?fbclid=IwAR0LrjjueEfkQg7TBxOnLCWr-HNxOUAfHDEmpQOd_ZG3eyaALtmRfQxHWqo
Non à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s !
8 décembre 2018 - Tribune(Voir la pétition en bas de page)
Droits d’inscription pour les étrangers extra-communautaires
Communiqué de l’AUREF
Le Premier Ministre vient d’annoncer l’augmentation des droits d’inscription
des étudiants extracommunautaires de 170€ à 2 770 € en licence et,
respectivement, de 243€ et 380€ à 3 770 € en master et en doctorat.
Cette mesure interroge le principe d’une Université française ouverte à tous et
la stratégie internationale de la France en matière d’accueil des étudiants
étrangers et de développement de la francophonie alors que la France est le
premier pays d’accueil non anglophone. Cela pose aussi la question de la
conformité de cette augmentation avec la constitution de 1958, qui dispose que
« l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un
devoir de l’État. »
Ainsi, cette déclaration, paradoxalement annoncée sous la bannière
« Bienvenue en France », mérite d’être analysée à la lumière du récent rapport
de la Cour des comptes1 et des chiffres de Campus France.
Pour mémoire, les universités ont accueilli plus de 231 000 étudiants étrangers
en 2016/2017, la France étant la 4ème destination d’accueil dans le monde après
les USA, la Grande-Bretagne et l’Australie, suivie de près par l’Allemagne et la
Russie. Pourtant, de 2012 à 2015, elle a déjà perdu une partie de son
attractivité avec une diminution de près de 12% des effectifs des étudiants
internationaux, la France étant le seul pays, avec le Japon, à régresser parmi les
20 destinations les plus demandées.
Si l’on soustrait les étudiants communautaires et ceux bénéficiant d’une bourse
ou d’une exonération de droit, 133.000 étudiants pourraient être effectivement
concernés par la mesure d’augmentation des droits d’inscription. Cela n’inclut
pas les exonérations qui pourraient relever de la politique des établissements,
en lien notamment avec les accords de coopération conclus avec leurs
partenaires internationaux. Cela ne prend pas non plus en compte l’inévitable
effet d’éviction d’une proportion d’étudiants étrangers qui, par comparaison
avec des pays étrangers tels la Suède ou le Danemark ayant pris ce type de
mesures, peut être évalué les premières années à plus de 35%.
Nous assistons ainsi à une forme de renoncement à l’investissement
diplomatique dans l’enseignement supérieur et la recherche au moment même
où l’Etat cherche, à travers des programmes d’investissement d’avenir très
ciblés, à faire émerger 3 ou 4 « champions » internationaux parmi les universités
françaises. Et pourtant la Cour des comptes relève que « l’éventuel effet
d’éviction lié à la modulation des droits en fonction de la nationalité revêt une
importance stratégique pour l’attractivité de la France, sa diplomatie
d’influence et son économie » en soulignant les effets négatifs qui en
découleraient. En effet, sur la partie économique qui est mesurable, Campus
France évalue l’apport des étudiants internationaux à l’économie française, à
environ 1,7 Md€.
Cela ne prend bien entendu pas en compte la propension des
économies des pays développés à « aspirer » les compétences dont elles ont
besoin, dans les pays moins favorisés, les privant ainsi d’un potentiel certain de
développement sans avoir participé à leur éducation ou en l’ayant fait
partiellement seulement. Enfin, n’oublions pas que certaines filières, comme par exemple les mathématiques, l’informatique, la mécanique, pourraient être
considérablement réduites sans l’apport des étudiants internationaux alors que
les besoins de recrutement en France sont importants dans ces domaines.
Face à cette perspective d’une augmentation des droits d’inscription, certains
pays comme l’Egypte ou la Turquie ont déjà indiqué qu’ils étaient prêts à
accueillir les étudiants qui ne seraient plus en mesure de venir étudier en France
afin de bénéficier de cette manne et d’étendre leur influence. Cela desservira
nécessairement la francophonie, autre facteur d’influence, alors que celle-ci
progresse entre autres grâce aux séjours d’études, sachant pourtant que 9
étudiants sur 10 venant en France sont également anglophones. Et d’autres
pays s’inquiètent face aux options qu’il faudra proposer demain à leurs
étudiants en termes de choix d’une langue étrangère et de mobilité.
Par ailleurs, alors qu’est régulièrement affirmée la nécessité de développer
l’attractivité de la recherche française, la mise en place de droits différenciés
pour les doctorants est particulièrement inopportune, le vivier des doctorants
ayant déjà diminué de 15% entre 2009 et 2016.
Cela va à l’encontre des conclusions de la Cour des comptes mais aussi de France Stratégie qui insistait
sur la nécessité de préserver une logique d’attraction des étudiants
internationaux les plus qualifiés pour soutenir la recherche dans les laboratoires
publics.
Ainsi, il apparait clairement que le gain attendu de ces droits différenciés pour
l’inscription dans une filière menant à un diplôme national sera sans commune
mesure avec la somme des effets négatifs que cela générera, tant du point de
vue humain que scientifique, stratégique ou économique. Au demeurant, les
ressources générées, diminuées par le doublement annoncé des bourses de
l’Etat français et par le financement des mesures d’accueil supplémentaires
annoncées spécifiquement pour les étudiants internationaux, ne permettront
pas de répondre à la question récurrente du sous-financement des universités.
Ainsi l’AUREF considère que la mise en place de droits d’inscription différenciés,
faite sans concertation, aura un effet globalement négatif pour la France et la
francophonie. En tout état de cause, cela n’évitera pas le débat nécessaire sur la
stratégie générale de l’Etat en ce qui concerne l’avenir et le financement de
l’enseignement supérieur et de la recherche publics dans un cadre
constitutionnel qui affirme sa gratuité.
Communiqué de l’AUREF en ligne :
http://www.sauvonsluniversite.com/IMG/pdf/20181130_droits_inscription_hors_ue_vf.pdf
| Communiqué de l’AUREF sur les droits d’inscription pour les étrangers extra-communautaires (PDF - 253.5 kio) |
Exigeons le rétablissement des 300 postes mis au concours au CNRS
6 décembre 2018 - TribuneLa recherche publique vit des jours difficiles, alors même que son importance pour la société demeure primordiale. À l’heure où nous sommes confrontés aux défis liés au changement climatique, tandis que les régimes démocratiques connaissent de profondes remises en causes, et alors qu’il s’agit d’être toujours plus vigilant face aux « fake news », jamais la nécessité de comprendre le monde de manière collective et désintéressée, et d’apporter des lumières sur ce qui nous menace n’a revêtu une telle urgence.
Pourtant, il est prévu de supprimer 340 postes de titulaires au CNRS d’ici 2022 qui s’ajouteront aux 1581 déjà supprimés depuis 2005.
Nous ne pouvons rester silencieux devant ce défaut d’investissement dans la recherche, devant le sacrifice d’une génération de jeunes chercheurs et devant la perte de compétences et d’attractivité annoncés de notre système de recherche. Il nous faut exiger le soutien à la recherche fondamentale. Il nous faut aujourd’hui nous mobiliser à nouveau. L’actualité budgétaire nous en donne l’occasion : pour le concours 2019 du CNRS, il est annoncé que seulement 250 postes seront ouverts, contre 300 l’an dernier (-17%) et les années précédentes. Les responsables de section du cnrs viennent de donner l’alarme sur la situation, par un texte publié dans Le Monde et il appartient à chaque chercheur, à chaque universitaire, à chaque étudiant, à chaque citoyen de les soutenir.
Défendre le CNRS, c’est participer à la défense plus générale de l’enseignement supérieur et la recherche publique en France, c’est agir en faveur de la production et la diffusion de connaissances auprès du plus grand nombre.
Signer la pétition : http://rogueesr.fr/postes/
Tribune - On ne construit pas une éducation sur l’ignorance et le dogmatisme
12 septembre 2018 - TribuneDes linguistes répondent à la Présidente du Conseil Supérieur des Programmes : on ne construit pas une éducation sur l’ignorance et le dogmatisme
Une centaine de linguistes, ainsi que plusieurs associations dénoncent l’incompétence de la Présidente du Conseil Supérieur des Programmes. D’après elle, pointent-ils « la langue française est une religion d’État : on la traite non pas d’un point de vue scientifique et éducatif mais d’un point de vue irrationnel et dogmatique. On érige l’ignorance, la superstition et la soumission en principes de pilotage des programmes éducatifs, ce qui est contraire aux finalités officielles de l’éducation en France. »
Tribune signée par les plus importantes associations de linguistes et par plus d’une centaine de linguistes en France.
Liste des associations signataires :
- Association des Sciences du Langage
- Association Internationale pour la Recherche en Didactique du Français (AIRDF), section française et section internationale
- Association Française pour l’Enseignement du Français (AFEF)
- Association Française de Linguistique Appliquée
- ASDIFLE - Association de Didactique du français langue étrangère
- Association D’une langue à l’autre — Langues, éducation, Diversité (DULALA)
- Association Didac’ressources
Texte de la Tribune :
– Télécharger
– Sur le site de Mediapart
| on_ne_construit_pas_une_eiducation_sur_l_ignorance_et_le_dogmatisme.pdf (PDF - 99.4 kio) |
Belgique - Nouvelles recommandations sur les accords du participe passé
7 septembre 2018 - TribuneL’ASL soutient la proposition de réforme orthographique du participe passé proposée par le conseil de la langue française et de la politique linguistique de la fédération Wallonie Bruxelles, le conseil international de la langue française, la fédération internationale des professeurs de français et l’association belge des professeurs de français.
Nouvelles recommandations sur les accords du participe passé : http://www.participepasse.info/
Article de Libération sur cette question :
http://www.liberation.fr/debats/2018/09/02/les-crepes-que-j-ai-mange-un-nouvel-accord-pour-le-participe-passe_1676135