Accueil > Colloques et journées d’études > VocUM 2019 — Langage : norme et pouvoir

VocUM 2019 — Langage : norme et pouvoir

Bibliographie

VocUM 2019 — Langage : norme et pouvoir

Appel à communications
(version PDF)

Nous avons le plaisir de vous inviter à soumettre une proposition de communication pour la 7e édition du colloque VocUM. Afin d’assurer la sécurité de l’ensemble de nos participantes et participants dans la foulée de la pandémie mondiale de COVID-19, celui-ci se tiendra virtuellement les 19 et 20 novembre 2020. VocUM est un colloque international annuel organisé par des étudiantes et étudiants de l’Université de Montréal de différentes allégeances disciplinaires liées au langage. Il s’agit du seul colloque multidisciplinaire montréalais consacré au langage.

Le thème de cette 7e édition, Langage : norme et pouvoir, s’impose de lui-même étant donné la crise sanitaire actuelle. Les normes qui régissent la majorité de nos sphères d’activité sont bouleversées, ce dont témoignent nombre de transitions obligatoires : du présentiel au télétravail, de la salle de classe à l’enseignement à distance, des rencontres physiques à la communication virtuelle, de la proximité à la distanciation sociale. De même, les rapports de pouvoir se trouvent renversés ou exacerbés. Certains métiers historiquement peu valorisés et mal rémunérés (en hôpital, en épicerie, etc.) sont subitement jugés essentiels. Inversement, certains États, déterminés à avoir le dessus dans un contexte de pénurie, profitent de leur pouvoir déjà bien établi pour jouer des coudes sur le marché mondial des équipements médicaux. À travers tout cela, l’importance du langage se révèle à nouveau : dans les points de presse des autorités, qui doivent informer autant que rassurer, dans les médias sociaux, où éducation et désinformation se livrent une âpre bataille, dans nos vies quotidiennes, où la communication virtuelle devient notre seule forme de communion et de cohésion sociale.

Cependant, la pertinence du présent thème ne se résume pas à la COVID-19. L’année 2020 sera aussi marquée par les 59e élections présidentielles américaines et par d’importants enjeux sociaux et médiatiques : les répercussions du mouvement #moiaussi (#metoo), les changements climatiques, Extinction Rébellion ou encore les polémiques liées aux fausses nouvelles (fake news). Dans tous les cas évoqués, le langage est à la fois vecteur et objet : la norme et le pouvoir s’expriment par le langage et le façonnent.

Les liens qui unissent langage, norme et pouvoir ne sont cependant pas seulement le fait de la modernité. En Grèce antique, les sophistes enseignent déjà aux jeunes citoyens le bon usage, lequel constitue un moyen d’affirmer son statut politique et social au sein de la cité. Des siècles plus tard, la normalisation du langage, pilotée entre autres par l’Académie française, se fait au profit des usages et des croyances des classes dirigeantes. Par exemple, la règle selon laquelle le masculin l’emporte toujours sur le féminin se cristallise au XVIIe siècle, alors que les femmes sont exclues de la sphère publique. Ainsi, le langage est tout sauf neutre : se prononcer sur l’usage « correct » d’une langue, c’est réaffirmer la position d’une élite et marginaliser celles et ceux qui s’en éloignent.

S’il a à maintes reprises joué un rôle de relais pour le pouvoir en place, le langage peut à l’inverse s’imposer comme un outil de subversion, un moyen de renverser la norme. En témoignent les luttes pour un langage plus inclusif et cohérent avec les revendications sociales actuelles. Aujourd’hui, les multiples réseaux sociaux représentent autant de potentielles tribunes qui permettent le relais de différents discours et opinions, que toutes et tous peuvent investir, sans considération pour leur milieu ou leur niveau d’éducation.

L’édition 2020 de VocUM accueillera donc de multiples perspectives de recherche, au sein desquelles les liens entre langage, norme et pouvoir s’articulent de différentes façons. Nous accepterons les communications portant sur les normes d’usage linguistique, sur les outils langagiers par lesquels s’expriment les relations de pouvoir, sur les normes traductives, sur les canons littéraires et cinématographiques, sur les narratifs dominants, ainsi que, parallèlement, le(s) pouvoir(s) que ces différentes instances normatives servent. De même, les communications pourront se pencher sur des tentatives de subversion qui visent à déstabiliser les rapports de pouvoir au profit de communautés marginalisées sur la base de divers facteurs : sexe biologique, expression de genre, identité et orientation sexuelle ; classe sociale, profession et religion ; origine culturelle, appartenance ethnique et couleur de peau ; âge, état de santé, handicaps physiques et troubles de santé mentale. Traduction féministe, littératures postcoloniales, enseignement de langues minoritaires (orales et signées), aménagements linguistiques pour contrer la prépondérance de l’anglais sont autant d’exemples d’entreprises de subversion. Sont également bienvenues les réflexions portant sur l’accessibilité et les liens qui unissent participation sociale, troubles langagiers et cognitifs, alphabétisation, maîtrise – ou non – de la langue officielle et méthodes de communication alternatives. Nous encourageons également les propositions de communication amenant à penser différemment l’éthique de la recherche universitaire dans le domaine du langage, ses dynamiques d’inclusion/exclusion et les rapports entre les spécialistes de la recherche et le groupe à l’étude. Les questions soulevées par l’abondance textuelle liée aux réseaux sociaux pourront aussi être abordées : nouveaux médias, fausses nouvelles, censure et liberté d’expression, anonymat, cyberharcèlement, réseaux comme incitateurs de mouvements politiques et sociaux, etc. Étant donné la richesse du thème, de nombreux autres angles d’exploration pourraient être envisagés.

Les propositions qui concordent avec le thème de VocUM 2020 — Langage : norme et pouvoir seront privilégiées. Nous accueillons entre autres les horizons disciplinaires suivants :

Acquisition L1/L2/Ln Linguistique légale
Aménagement linguistique Littérature comparée
Analyse du discours Littératures
Communication Neurolinguistique
Didactique Orthophonie
Didactique des langues Philosophie du langage
Ethnolinguistique Phonétique
Herméneutique Politiques de traduction
Histoire de l’art Pragmatique
Histoire de la traduction Psycholinguistique
Histoire des langues Sciences politiques
Histoire du langage Sociolinguistique
Informatique Sociologie
Langues anciennes Terminologie
Langues minoritaires Terminotique
Langues modernes Traduction
Lexicographie Traduction spécialisée
Linguistique Traitement automatique du langage
Linguistique appliquée Troubles du langage
La tenue d’un colloque virtuel constitue un nouveau défi pour VocUM. Cet été, le comité organisateur déterminera les modalités exactes (plateforme, synchronicité, etc.), avec pour objectif de préserver toute la vitalité et la richesse des éditions passées. Le formulaire de soumission permettra d’ailleurs à nos éventuelles présentatrices et présentateurs d’exprimer leurs préférences par rapport au format des communications. Nous vous tiendrons au courant des modalités choisies et nous vous accompagnerons avec plaisir dans leur application.

Les langues de présentation demeurent le français et l’anglais. Afin de résister à l’homogénéisation linguistique de la recherche scientifique, VocUM encourage toutefois la diffusion du savoir en français. De même, les recherches en études hispaniques ou en études allemandes pourront être présentées en espagnol et en allemand, respectivement. Les propositions d’étudiantes et étudiants du premier cycle seront également considérées.

Les propositions, d’un maximum de 300 mots, doivent être soumises à l’aide du formulaire électronique accessible sur le site Web de VocUM. L’évaluation anonyme des propositions sera effectuée par un comité scientifique. Les communications, d’une durée de 15 à 20 minutes (à déterminer en fonction du nombre final de présentations), seront suivies d’une période de questions.

Nous tenons à rappeler que ScriptUM, l’organe de diffusion de VocUM, est désormais ouverte à toutes et tous. Il s’agit d’une revue étudiante multidisciplinaire avec évaluation anonyme par les pairs. Le prochain appel à contributions sera lancé en mai 2020. Nous encourageons vivement les présentatrices et présentateurs de la 7e édition du colloque à garder en tête cette échéance et à soumettre un article portant sur les résultats de la recherche qui feront l’objet de leur communication lors du colloque. Vous pouvez en apprendre plus sur la revue et consulter les anciens numéros à l’adresse suivante : https://scriptum.vocum.ca/.

Dates à retenir
Date limite pour soumettre une proposition : 3 juillet 2020
Avis d’acceptation des propositions : septembre 2020
Colloque : 19 et 20 novembre 2020
Pour plus d’informations : http://vocum.ca, info@vocum.ca

VocUM 2019 — Language : norm and power

Call for Papers
(PDF version)

We are pleased to announce that submissions are now open for the 7th edition of VocUM. To ensure the safety of our participants in the wake of the global COVID-19 pandemic, this edition will be held entirely online. VocUM is an annual international conference organized by students of the Université de Montréal, all from different fields of study relating to language. It is the only multidisciplinary conference dedicated to language in Montréal.

Given the current health crisis, this year’s theme, Language : norm and power, speaks for itself. The norms that structure the majority of our activities have been disrupted, which is reflected in many forced transitions : from the office to telework, from the classroom to distance education, from in-person meetings to virtual communication, from proximity to social distancing. Similarly, power relations have been inverted or exacerbated. Among the lowly paid and poorly regarded jobs within our society, some (in hospitals, grocery stores, etc.) are now considered essential. Conversely, as the global medical equipment market faces unprecedented shortages, certain nations do not hesitate to make use of their well-established power to come out on top. Through all of this, the essential role of language cannot be ignored : in official press briefings, which must both inform and reassure, in social media, where fact and misinformation are battling for dominance, and in our daily lives, in which virtual communication has become our only outlet for social contact and cohesion.

That being said, the relevance of this edition’s theme is not limited to COVID-19. Indeed, 2020 is otherwise significant, namely for the upcoming 59th American presidential elections, but also for a number of important social and media issues : the repercussions of the #metoo movement, climate change, Extinction Rebellion or even the debate surrounding fake news. In every case, language is at once vector and object : it both constructs and conveys norms and power.

The intricate relationships between language, norms, and power are, however, not a modern reality. Already in Ancient Greece, sophists thought young citizens how to skillfully wield language, a powerful means of social and political affirmation within the city-state. Centuries later, numerous language standardization enterprises were launched, namely by the Académie française, all of which favoured the practices and ideologies of dominant classes. For instance, the French grammatical rule according to which the masculine gender always supersedes the feminine was normalized in the 17th century, the product of a society that excluded women from the public realm. Therefore, language is anything but neutral : to codify the “correct” way to use language is to assert the dominant position on an elite, all the while marginalizing those who do not belong.

Liens

Site du colloque
Retour à l'annuaire